Archives pour juillet 2007

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Publicités murales – 2

juillet 29, 2007

J’ai accidentellement trouvé cette publicité murale sur un édifice un peu au nord de St-Antoine (anciennement Craig) et St-Denis. Un élément intéressant de cette murale est qu’elle soit bilingue (les publicités étaient surtout en anglais). L’ennui avec ces publicités est le fait qu’elles étaient parfois repeintes à deux ou même trois reprises et que le design de la publicité pouvait changer. Avec le temps et les éléments, les différentes versions en viennent à s’entremêler, ce qui rend parfois l’identification difficile. Dans le cas de cette pub, j’ai identifié le commerce en fouillant dans le répertoire Lovell, édition 1919-20 cette fois.

Cette compagnie, propriété de Louis Wisintainer, fabriquait des moulures de différents types, des cadres ainsi que des miroirs. Il s’agissait essentiellement d’un commerce d’encadrement qui fabriquait sur place ce qu’elle vendait. Autre élément intéressant est l’adresse; 58 boulevard Saint-Laurent et cette publicité se trouve presqu’au coin de St-Denis et St-Antoine. L’emplacement et la taille de la publicité laisse croire que la compagnie faisait de très bonnes affaires.

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Patrimoine religieux – 1

juillet 29, 2007

Montréal fut, pendant longtemps, connue comme étant la ville aux “cents clochers”. L’écrivain Mark Twain dit de Montréal “…qu’on ne peut lancer un pavé dans n’importe quelle direction sans heurter un vitrail”. Twain exagérait un brin mais on peut s’imaginer facilement l’étonnement d’un visiteur arrivant à Montréal de par le pont du Havre en 1930 et voyant tous les longs clochers pointant haut vers le ciel. Ce type de clocher était caractéristique aux églises catholiques alors que les protestantes étaient coiffées de clochers plats. Aujourd’hui beaucoup de ces églises et temples ont été démolis et c’est un triste constat puisqu’ils font partie intégrante de notre histoire et de notre patrimoine.

Sur la rue St-Joseph, je suis passé devant l’église St-Pierre Claver, au coin de la rue De Lorimier. J’y ai apperçu les portes de l’église bien ouvertes et, pensant que le bâtiment avait peut-être perdu sa vocation religieuse (comme tant d’autres), je me suis garé à proximité et me suis approché avec ma caméra, espérant prendre quelques bons clichés. A peine monté les marches je me suis vite rendu compte que l’église était toujours un lieu de culte.

Cette église, construite en 1914, possède une caractéristique architecturale bien spéciale; ses doubles clochers avec toît plat. Elle est l’oeuvre des architectes Joseph-Omer Marchand et de Joseph Venne.

Une vue de l’intérieur où l’on reconnaît des éléments classiques; la nef où se trouvent les bancs de chaque côté et dont le plancher est ornementé d’un jeu de tuiles, le choeur se trouvant au fond ainsi que les colonnes situées aux abords des bas-côtés. Bien qu’on ne le voit pas, il y a un transept de chaque côté au fond.

Détail du fond du choeur richement décoré de colonnes, d’une peinture et de sculptures. C’est dans une composition comme celle-ci que l’on se rend compte du savoir-faire des artisans de l’époque.

Le baptistère, derrière une grille, servait autrefois au baptême des enfants. Le piédestal de marbre devance ici un magnifique vitrail que la photo ne montre pas dans toute sa largeur.

Vue du transept gauche vers l’arrière. Le nombre de bancs, tous de bois finement sculptés, peuvent aisément asseoir des centraines de personnes. On apperçoit aussi, en haut, l’orgue Casavant. Il s’agit d’un modèle simple et élégant qui possède une riche sonorité bien soutenue par l’excellente acoustique du bâtiment (vous saurez plus loin comment je sais celà!).

Voici une vue de l’église à partir de la chaire. Le commun des mortels ne pouvait y monter car seul le curé avait ce privilège. On peut apprecevoir, à gauche, un ensemble de bancs qui sont munis d’une porte. Cette section était réservée aux membres de la Fabrique. Située non loin de la chaire, elle permettait au curé de leur envoyer ses messages sans avoir à hurler.

Détail d’un lustre en bronze à ampoules multiples.

Calorifères en fonte, dans lequel circulait de l’eau chaude. Il est fort à parier que les bancs avoisinant cette source de chaleur devaient être très populaires durant la froide saison. Ces carolifères fonctionnent encore aujourd’hui.

Vue de l’église à partir du balcon où se trouve l’orgue. On peut admirer davantage certains éléments, comme le jeu de tuiles le long de la nef.

Au-dessus du clavier, une vieille partition allemande des oeuvres de Jean-Sébastien Bach, dont Toccata & Fugue et Passacaglia & Fugue.

Détail de l’orgue Casavant.

Un autre détail de l’orgue. Ces soupapes sont divisées en deux panneaux se retrouvant de chaque côté du triple clavier. Chaque section de ces soupapes contrôlent une partie précise des claviers.

Attendez un instant, me direz-vous. Comment ais-je pu entrer dans l’église et me promener comme bon me semble… Soyez rassurés, ce tour de l’église m’a été gracieusement offert par Monsieur Serge Janelle que j’avais rencontré sur le pas de l’église. Monsieur Janelle m’a offert un tour guidé complet de ce splendide bâtiment (dont certaines portes sont résolument récalcitrantes). Et pour couronner le tout, monsieur Janelle, à titre d’organiste titulaire, m’a joué la première partie de Toccata & Fugue. Je peux certainement vous affirmer que vous n’avez pas entendu cette pièce si vous n’étiez pas entre l’organiste et les tuyaux. Ce qui est d’autant plus fascinant est le fait que j’ai pu admirer la façon dont un organiste s’attaque à cette pièce relativement complexe. A ceci, je peux rajouter mon étonnement face à l’extraordinaire docilité de l’orgue, de quelle façon chaque touche pressée est interprètée par les tuyaux.

Je remercie encore monsieur Janelle de m’avoir si gentiment offert ce tour et de m’avoir expliqué de nombreuses choses dont certains détails se retrouvent dans cet article.

En terminant, pour ceux et celles qui aimeraient peut-être savoir qu’elle est cette pièce que monsieur Janelle m’a joué, cliquez ici.

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Paléontologie urbaine

juillet 28, 2007

Vous allez certainement me dire que je me suis trompé en écrivant le titre de cet article! L’archéologie passe encore, mais la paléontologie n’est-elle pas l’étude des espèce animales préhistoriques? Si. Et je peux vous affirmer que mon titre ne comporte aucune faute. Je peux presque voir les points d’interrogration apparaître au-dessus de vos têtes et pourtant, dans cet article, je vais joindre paléontologie et architecture du début du siècle.

Un musée d’histoire naturelle? Neni.

Si le béton armé avait commençé à faire son apparition au milieu des années 10, la pierre demeura la matière de choix pour la construction, qu’il vienne d’ailleurs (grès rouge d’Ecosse, marbre du Vermont) ou qu’il soit issu d’une carrière locale (granit, grès, pierre grise). Maintenant, si vous avez déjà eu le bonheur (ou le malheur, c’est selon) de creuser le sol à Montréal ou en banlieue, vous avez très certainement remarqué qu’une des premières matières rencontrées est… la glaise.

C’est qu’il y a environ 10 000 ans, l’est du pays était recouvert par la Mer de Champlain. Une ancienne mer aujourd’hui disparue qui couvrait, peu après la dernière glaciation, un espace allant de la région de la Ville de Québec à l’Isle-aux-Allumettes, au Québec (Canada) et jusqu’à Kingston, Ontario. Aujourd’hui, cet espace est occupé par la vallée du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. Par définition, Montréal se trouvait donc au fond de cette mer. Et qui dit fond de la mer dit faune marine. Avec un peu de chance, cette faune risque de gagner à la loto-fossile. La chance inouïe de se voir incrusté dans la pierre et préservé pour des milliers voire des millions d’années.

Fond de mer, faune marine, fossilisation, excavation de pierre dans les carrières… Vous me suivez?

C’est donc tout à fait pas hasard que j’ai découvert un immeuble dont les pierres regorgent de ces vieux fossiles marins. Le bâtiment en question est le complexe d’appartements Le Château, construit en 1924-26. Je prenais des photos de ce superbe édifice lorsque, en longeant la rue de La Montagne, mon regard fut attiré par d’étranges variations géologiques dans la pierre. En y regardant de plus près je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait en fait de fossiles marins que je ne peux dater, doctorat en paléontologie manquant à mon CV. Il faut avouer tout de même qu’il s’agit de quelque chose d’absolument fascinant.

Pour les admirer, rendez vous au 1321 Sherbrooke ouest et longez la rue de La Montagne, vous les appercevrez très facilement.

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Publicités murales – 1

juillet 27, 2007

Il fut un temps où la publicité, d’un commerçant ou d’un quelquonque produit, n’était pas imprimée par centaines et vulgairement collées sur de grands panneaux dont les larges feuilles se déchiraient. Les publicités d’antan étaient l’affaire d’artistes. Après qu’un graphiste eut conçu sur papier ce que le client voulait, des peintres spécialisés et fort habiles assemblaient un échaffaudage et peignaient ladite publicité en grand format (ou en petit selon les besoins et moyens du client) directement sur la brique.

Il en reste un certain nombre encore visibles aujourd’hui, éparpillés dans la ville. Aujourd’hui je me suis attardé sur un petit secteur de la rue Ste-Catherine, entre de la Montagne et Stanley. Du côté Nord de Ste-Catherine on peut apperçevoir le jeu de publicités suivantes:

Ces publicités ont prit un certain coup et pour cause, elles sont exposées aux rayons du soleil alors qu’il est à son plus fort. Sans compter le vent, la pluie et la neige. N’empêche qu’il est toujours possible de lire, avec un certain effort, ce qui est inscrit. Voici donc ce que j’ai pu décortiquer dans la photo du haut.

La première publicité en haut (la principale) est celle de John Henderson, compagnie qui fut fondée en 1834 et dont le commerce principal était la fourrure. Toutefois, la publicité nous apprend que la compagnie vendait également du linge pour hommes. La magasin en soi se trouvait à quelques pas dans un superbe bâtiment de pierre grise au coin de Stanley et Ste-Catherine.

La publicité juste en dessous on arrive à lire partiellement “Holland”. Une recherche dans le Lovell de l’époque m’a montré ceci:

Il s’agit donc du commerce G.A, Holland & Sons, compagnie fondée en 1843 et qui vendait entre autres des meubles, des draperies et du papier peint.

L’autre publicité en-dessous est presqu’illisible mais je suis parvenu à déchiffrer “Culross”. Une autre recherche dans le Lovell m’a permis d’y trouver ceci:

La publicité presque disparue est donc celle du commerce d’un certain Charles Culross, marchand de phonographes et pianos.

De l’autre côté de la rue à proximité se trouve une autre publicité peinte qui a mieux résisté aux affres du temps et des éléments mais qui offre bien peu de défenses face aux graffitis. Il s’agit de la publicité de Lindsay Pianos Limited.

Encore une fois, le Lovell de l’époque m’a confirmé ceci:

Monsieur C. W. Lindsay était donc, comme monsieur Culross juste en face, commerçant de pianos et phonographes. Un autre coup d’oeil aux alentour me fit découvrir que les marchands de pianos se pilaient presque sur les pieds dans ce secteur puisque j’ai trouvé une autre publicité peinte (plus modeste) tout près:

Le Lovell confirme qu’il s’agit bien d’un commerce local:

Maintenant vous vous demandez certainement quel est ce Lovell dont je fais mention dans cet article. Lovell est surtout le nom de l’imprimerie située dans le Vieux-Montréal et qui fut fondée en 1835. Encore plus remarquable est non seulement le fait que l’imprimerie occupe le même emplacement depuis sa fondation mais elle est encore dirigée par la famille Lovell. Ainsi, en 1842, on y imprima le premier répertoire des gens d’affaires du Vieux-Montréal (qui continue d’être publié à ce jour). L’imprimerie est également la plus vieille entreprise toujours dirigée par des descendants de la famille fondatrice. C’est donc en consultant les Lovell des années 20 que je suis arrivé à trouver les renseignements des publicités peintes de cet article.

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Ca pompe à Montréal

juillet 26, 2007

Au cours du 19è siècle Montréal connut son lot d’inondations qui survenaient généralement au printemps avec la fonte des embacles sur le fleuve. A cette époque, il faut croire que monsieur le fleuve avait ses sautes d’humeur et que les pauvres résidents des secteurs avoisinant ses rivages devaient en faire les frais. Un quartier plus que tout autre se trouvait particulièrement touché à chacune de ces inondations: Griffintown.

La communauté irlandaise qui peuplait largement ce quartier vivait dans un état permanent de grande pauvreté. Peu de maisons de Griffintown étaient équipées de toilettes intérieures, si bien que chaque inondation transformait littéralement le quartier en un gigantesque égoût à ciel ouvert. Il fallut attendre 1887 pour que la Ville se décide à prendre les grands moyens afin d’erradiquer ce très sérieux problème. En effet, le refoulement apportait avec lui tout ce qu’il fallait pour gravement contaminer les gens avec des maladies infectueuses. Rien de bien plaisant, avouons-le.

Alors que se passe t-il en 1887?

Pour mieux le comprendre, reculons d’une année. Le 18 avril 1886, plus exactement. En cette journée, l’eau du fleuve alla inonder jusqu’au square Victoria. Imaginez Griffintown…!

La photo ci-haut nous montre dans quel état se trouvait les environs du square Chaboillez le 18 avril 1886. Le bâtiment que l’on apperçoit au milieu est la gare Bonaventure, emplacement occupé aujourd’hui par le Planétarium Dow. On peut facilement se rendre compte que les inondations de l’époque, c’était du sérieux! Toujours est-il que la Ville prend les grands moyens et décide non seulement de mettre en place des digues mais entreprend également de construire deux stations de pompage qui auront la tâche de refouler les caprices du fleuve.

Aujourd’hui il existe trois témoins de cette fameuse inondation; le premier se situe sur l’édifice Allan, rue de la Commune Ouest au point de rencontre des rues Saint-Pierre et d’Youville. A droite de la porte principale, vous appercevrez ceci gravé dans la pierre:

Le deuxième témoin est la station de pompage Craig. Il est extraordinairement facile à localiser puisque c’est le vétuste bâtiment situé presque sous le pont Jacques-Cartier entre les voies Est et Ouest de la rue Notre-Dame. Vous l’aurez certainement apperçu à plusieurs reprises en passant par là en vous demandant peut-être pourquoi on ne le démolissait pas. Eh bien, souhaitons que non. Si vous roulez en direction Est, remarquez l’année “1887″ gravée en grosse lettre au côté inférieur gauche.

Le troisième témoin est l’autre station de pompage, la station Riverside. Un peu plus petite, elle se trouve à l’Est de l’autoroute Bonaventure. Comme sa soeur, la station Craig, elle a eu le bonheur de ne pas avoir été démolie.

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Belding Corticelli

juillet 25, 2007

Le creusage du canal Lachine au début du 19è siècle permit deux choses importantes: permettre aux bateaux de continuer à naviguer vers l’ouest et l’industrialisation du canal qui s’amorça vers 1850. Plusieurs compagnies vinrent s’établir le long du canal et tout ce secteur deviendra non seulement le berceau de l’industrialisation mais aussi le plus important quartier manufacturier en province.

Parmi les nombreuses compagnies à profiter de la proximité du canal il y eut la Belding Paul & Co. Bien que la compagnie existait depuis 1876, c’est en 1884 qu’elle fit construire le bâtiment se trouvant entre la rue du Canal, le canal Lachine et bordé à l’ouest par la rue des Seigneurs. Haut de cinq étages, en brique rouge et orné ne nombreuses fenêtres, l’édifice suivait assez bien le courant architectural industriel de l’époque.

En 1911, Belding Paul fusionna avec Corticelli et devint alors la Belding Corticelli. Son principal produit était la soie qui était bien entendu utilisée dans la couture générale et la confection de vêtements; industrie qui fonctionnait alors à plein régime à Montréal et en périphérie. Les employés de la Belding Corticelli ne manquèrent certainement pas de travail. A défaut d’être un employeur de taille avec une usine immense, la Belding Corticelli eut néanmoins le mérite d’être le gagne-pain de bien des familles.

Qu’en est-il aujourd’hui? Avec l’ouverture de la voie maritime du St-Laurent en 1959, le canal Lachine devint rapidement obsolète et fut éventuellement fermé. Les industries durent s’adapter et bon nombres d’entre elles durent tout simplement fermer où se voir acheter par d’autres compagnies qui relocalisèrent les effectifs. La Belding Corticelli eut le bonheur de ne pas passer sous le pic des démolisseurs et fut récemment convertie en habitations. Une excellente récupération du patrimoine industriel qui devrait être imitée plus souvent. Pour admirer ce splendide bâtiment, prenez Notre-Dame en direction ouest et tournez à gauche sur des Seigneurs, après une légère courbe vous aboutirez sur le petit pont Des Seigneurs et appercevrez l’édifice de l’autre côté du canal à gauche.

En prime, si vous allez dans le quartier chinois à Montréal, promenez-vous sur de la Gauchetière entre Saint-Laurent et Saint-Urbain et portez attention aux murs. Avec un peu de chance vous appercevrez ceci:

Splendide murale publicitaire peinte directement sur la brique et qui nous invite presqu’encore aujourd’hui à apprécier la qualité de la soie Corticelli.

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Les tramways sur le Mont-Royal

juillet 24, 2007

(Crédit photo: Archives de la STM)

En 1884, il y avait tout près du monument dédié à Georges-Etienne Cartier, un funiculaire qui emmenait les gens jusqu’au point d’observation situé plus haut dans la montagne (point d’observation qui existe encore aujourd’hui). En 1919, une inspection des différentes composantes fit en sorte que le funiculaire fut non seulement fermé mais aussi démantelé. Pour les gens de Westmount celà ne posa que peu ou pas d’ennui puisqu’ils atteignaient la montagne de par le chemin Remembrance. Pour ceux qui habitaient de l’autre côté de la montagne ce n’était pas la même histoire du tout.

Il faudra plusieurs années pour qu’un chantier soit mis en oeuvre afin de doter les gens de l’est de la ville d’un moyen de transport jusqu’en haut de la montagne. La Montreal Tramways avait bien tenté d’offrir un service de navette relativement long via le chemin de la Côte-des-Neiges mais les gens n’en voulaient absolument pas. La Montreal Tramways fut donc obligée de retrousser ses manches et de refaire ses devoirs. Les ingénieurs tracèrent donc un chemin qui prolonga le chemin Remembrance et on a dù percer dans le roc un tunnel de plus de 300 pieds de long. Au bout de ce tunnel le chemin amorcait une descente sinueuse (parfois très serrée) pour aboutir jusqu’a l’avenue du Mont-Royal.

Toujours est-il que plusieurs personnes se demandent ce qu’il est advenu de ce fameux tunnel. C’est en 1957 que s’arrêta la ligne “Moutain-Montagne 11″ après plusieurs années de service sans accident. Pourquoi? Parce que Montréal était alors en proie à “l’asphaltite aigüe”. L’automobile et l’autobus étaient alors les véhicules du futur; cette ligne de tramway fut donc par conséquent fermée et démantelée. Le tunnel quant à lui fut dynamité et réduit en poussière. Plus aucune trace de ce dernier n’a subsisté jusqu’a aujourd’hui. Ce n’est que trois ans plus tard, en 1960, que la ligne reprendra du service. Une ligne d’autobus, bien entendu. Aujourd’hui, la voie Camillien-Houde suit assez rigoureusement le même chemin que les tramways de l’époque. En passant par là, notez la pente de près de 8% et les deux courbes en épingle que ces braves tramways (et leurs opérateurs aussi) se devaient de négocier à chaque trajet.

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C’est parti

juillet 24, 2007

Je suis né à Montréal, j’y ai grandi, j’y ai étudié et aujourd’hui je l’habite et y travaille. De sa fondation jusqu’a aujourd’hui, Montréal n’a cessé d’être une ville toujours en mutation; on l’agrandit, on démolit ici et reconstruit là. Ce faisant, l’on refaçonne la mosaïque urbaine sur une base régulière. Malgré les nombreux incendies et démolitions (parfois disgracieuses) de nombreuses pièces architecturales ont survécu jusqu’a aujourd’hui. Ces vestiges d’époques révolues nous permettent de recoller des morceaux de notre histoire collective; qu’il s’agisse de bouts de quartiers ou des gens qui y ont habité.

Passionné d’histoire et d’architecture, je sillonne souvent cette grande ville, toujours à l’affût d’une quelquonque découverte. J’aurai le plaisir, au cours de mes différents articles, de vous faire partager mes trouvailles; des coins connus et d’autres moins connus ainsi que des fragments d’histoire s’y rattachant avec toutes les indications pour que vous puissiez les voir de vous même. Mais tous ces articles seraient très certainement incomplets sans une participation: votre participation. Il se peut fort bien qu’au cours des différents articles que vous puissiez avoir des informations supplémentaires où même des photos. Si c’est le cas alors ne vous gênez surtout pas et ensembles nous parviendront peut-être à assembler de grandes pièces du grand casse-tête qu’est l’histoire de Montréal.

En terminant, j’écrirai souvent mes articles en fonction de mes escapades photographiques ici et là, il n’y aura donc aucun ordre chronologique, géographique ou autre.