h1

Paléontologie urbaine

juillet 28, 2007

Vous allez certainement me dire que je me suis trompé en écrivant le titre de cet article! L’archéologie passe encore, mais la paléontologie n’est-elle pas l’étude des espèce animales préhistoriques? Si. Et je peux vous affirmer que mon titre ne comporte aucune faute. Je peux presque voir les points d’interrogration apparaître au-dessus de vos têtes et pourtant, dans cet article, je vais joindre paléontologie et architecture du début du siècle.

Un musée d’histoire naturelle? Neni.

Si le béton armé avait commençé à faire son apparition au milieu des années 10, la pierre demeura la matière de choix pour la construction, qu’il vienne d’ailleurs (grès rouge d’Ecosse, marbre du Vermont) ou qu’il soit issu d’une carrière locale (granit, grès, pierre grise). Maintenant, si vous avez déjà eu le bonheur (ou le malheur, c’est selon) de creuser le sol à Montréal ou en banlieue, vous avez très certainement remarqué qu’une des premières matières rencontrées est… la glaise.

C’est qu’il y a environ 10 000 ans, l’est du pays était recouvert par la Mer de Champlain. Une ancienne mer aujourd’hui disparue qui couvrait, peu après la dernière glaciation, un espace allant de la région de la Ville de Québec à l’Isle-aux-Allumettes, au Québec (Canada) et jusqu’à Kingston, Ontario. Aujourd’hui, cet espace est occupé par la vallée du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. Par définition, Montréal se trouvait donc au fond de cette mer. Et qui dit fond de la mer dit faune marine. Avec un peu de chance, cette faune risque de gagner à la loto-fossile. La chance inouïe de se voir incrusté dans la pierre et préservé pour des milliers voire des millions d’années.

Fond de mer, faune marine, fossilisation, excavation de pierre dans les carrières… Vous me suivez?

C’est donc tout à fait pas hasard que j’ai découvert un immeuble dont les pierres regorgent de ces vieux fossiles marins. Le bâtiment en question est le complexe d’appartements Le Château, construit en 1924-26. Je prenais des photos de ce superbe édifice lorsque, en longeant la rue de La Montagne, mon regard fut attiré par d’étranges variations géologiques dans la pierre. En y regardant de plus près je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait en fait de fossiles marins que je ne peux dater, doctorat en paléontologie manquant à mon CV. Il faut avouer tout de même qu’il s’agit de quelque chose d’absolument fascinant.

Pour les admirer, rendez vous au 1321 Sherbrooke ouest et longez la rue de La Montagne, vous les appercevrez très facilement.

4 commentaires

  1. J’aimerais voir ça en vrai! Mon papa est paléontologue, alors je m’y connais un peu, mais là, sur les photos, on dirait des spécimens moins connus. Si je les voyais à l’échelle, peut-être… Mais je ne pourrais pas les dater. N’empêche, c’est vraiment cool! :)


  2. Il est vrai qu’une règle donnerait une bonne idée de leurs dimensions. Sans être immenses ils ne sont pas miniatures non plus. Si j’ai une chance, je vais y retourner et refaire les photos avec une règle.


  3. Je trouve cela tout à fait fascinant! Moi qui adore l’histoire et le passé, j’aurais bien aimé le voir de mes propres yeux!

    P.S: L’article est vraiment interressant ainsi que les photos accompagnées!


  4. Bonjour,

    Le premier semble être un spongiaire Receptaculites neptuni, fréquent au Frasnien (Dévonien supérieur) ce qui donne un âge d’environ 350 millions d’années à cette pierre.

    La deuxième photo c’est difficile à dire, mais la troisième le petit fossile en “roue de vélo” est un corail solitaire proche d’Heliophyllum sp. Sans doute du même âge que le premier fossile.

    Bien à vous.

    Phil “Fossil”



Laisser un commentaire