
Patrimoine religieux - 1
juillet 29, 2007Montréal fut, pendant longtemps, connue comme étant la ville aux “cents clochers”. L’écrivain Mark Twain dit de Montréal “…qu’on ne peut lancer un pavé dans n’importe quelle direction sans heurter un vitrail”. Twain exagérait un brin mais on peut s’imaginer facilement l’étonnement d’un visiteur arrivant à Montréal de par le pont du Havre en 1930 et voyant tous les longs clochers pointant haut vers le ciel. Ce type de clocher était caractéristique aux églises catholiques alors que les protestantes étaient coiffées de clochers plats. Aujourd’hui beaucoup de ces églises et temples ont été démolis et c’est un triste constat puisqu’ils font partie intégrante de notre histoire et de notre patrimoine.
Sur la rue St-Joseph, je suis passé devant l’église St-Pierre Claver, au coin de la rue De Lorimier. J’y ai apperçu les portes de l’église bien ouvertes et, pensant que le bâtiment avait peut-être perdu sa vocation religieuse (comme tant d’autres), je me suis garé à proximité et me suis approché avec ma caméra, espérant prendre quelques bons clichés. A peine monté les marches je me suis vite rendu compte que l’église était toujours un lieu de culte.

Cette église, construite en 1914, possède une caractéristique architecturale bien spéciale; ses doubles clochers avec toît plat. Elle est l’oeuvre des architectes Joseph-Omer Marchand et de Joseph Venne.

Une vue de l’intérieur où l’on reconnaît des éléments classiques; la nef où se trouvent les bancs de chaque côté et dont le plancher est ornementé d’un jeu de tuiles, le choeur se trouvant au fond ainsi que les colonnes situées aux abords des bas-côtés. Bien qu’on ne le voit pas, il y a un transept de chaque côté au fond.

Détail du fond du choeur richement décoré de colonnes, d’une peinture et de sculptures. C’est dans une composition comme celle-ci que l’on se rend compte du savoir-faire des artisans de l’époque.

Le baptistère, derrière une grille, servait autrefois au baptême des enfants. Le piédestal de marbre devance ici un magnifique vitrail que la photo ne montre pas dans toute sa largeur.

Vue du transept gauche vers l’arrière. Le nombre de bancs, tous de bois finement sculptés, peuvent aisément asseoir des centraines de personnes. On apperçoit aussi, en haut, l’orgue Casavant. Il s’agit d’un modèle simple et élégant qui possède une riche sonorité bien soutenue par l’excellente acoustique du bâtiment (vous saurez plus loin comment je sais celà!).

Voici une vue de l’église à partir de la chaire. Le commun des mortels ne pouvait y monter car seul le curé avait ce privilège. On peut apprecevoir, à gauche, un ensemble de bancs qui sont munis d’une porte. Cette section était réservée aux membres de la Fabrique. Située non loin de la chaire, elle permettait au curé de leur envoyer ses messages sans avoir à hurler.

Détail d’un lustre en bronze à ampoules multiples.

Calorifères en fonte, dans lequel circulait de l’eau chaude. Il est fort à parier que les bancs avoisinant cette source de chaleur devaient être très populaires durant la froide saison. Ces carolifères fonctionnent encore aujourd’hui.

Vue de l’église à partir du balcon où se trouve l’orgue. On peut admirer davantage certains éléments, comme le jeu de tuiles le long de la nef.


Au-dessus du clavier, une vieille partition allemande des oeuvres de Jean-Sébastien Bach, dont Toccata & Fugue et Passacaglia & Fugue.

Détail de l’orgue Casavant.

Un autre détail de l’orgue. Ces soupapes sont divisées en deux panneaux se retrouvant de chaque côté du triple clavier. Chaque section de ces soupapes contrôlent une partie précise des claviers.
Attendez un instant, me direz-vous. Comment ais-je pu entrer dans l’église et me promener comme bon me semble… Soyez rassurés, ce tour de l’église m’a été gracieusement offert par Monsieur Serge Janelle que j’avais rencontré sur le pas de l’église. Monsieur Janelle m’a offert un tour guidé complet de ce splendide bâtiment (dont certaines portes sont résolument récalcitrantes). Et pour couronner le tout, monsieur Janelle, à titre d’organiste titulaire, m’a joué la première partie de Toccata & Fugue. Je peux certainement vous affirmer que vous n’avez pas entendu cette pièce si vous n’étiez pas entre l’organiste et les tuyaux. Ce qui est d’autant plus fascinant est le fait que j’ai pu admirer la façon dont un organiste s’attaque à cette pièce relativement complexe. A ceci, je peux rajouter mon étonnement face à l’extraordinaire docilité de l’orgue, de quelle façon chaque touche pressée est interprètée par les tuyaux.

Je remercie encore monsieur Janelle de m’avoir si gentiment offert ce tour et de m’avoir expliqué de nombreuses choses dont certains détails se retrouvent dans cet article.

En terminant, pour ceux et celles qui aimeraient peut-être savoir qu’elle est cette pièce que monsieur Janelle m’a joué, cliquez ici.
Spectaculaire ! Je rêve du jour où on pourra bloguer en Odorama… l’odeur d’une église, c’est incomparable. Merci encore, Dominic, de partager tout ça avec nous, humbles et ignorants lecteurs !
Bonsoir, merci pourles belles photos de l’Église
St-Pierre-Claver, c’est ma paroisse et l’organiste
est mon fils.
Denise
M. Dominic, je tiens a vous remercier pour votre belle article sur la Paroisse St-Pierre-Claver. Cela m’a fait grand plaisir de vous faire visiter cette magnifique église. Ne vous gênez pas pour repasser. Je vous laisse mon adresse de courriel si jamais vous voulez m’écrire. sergejanelle@hotmail.com Serge Janelle, organiste Paroisse St Pierre Claver
@ Denise: Ce fut un plaisir pour moi que de visiter cette superbe église. C’était ma première visite et certainement pas la dernière. Vous avez un fils talentueux aux claviers et sa connaissance du patrimoine religieux est également fort appréciable.
@ Serge: Merci encore pour la visite, je repasserai c’est certain.
Magnifique temple religieux dans l’imagerie chrétienne
début du siècle. Que de foi ou de convictions
partagées pour agrémenter la liturgie d’une telle
ornementation. Un ensemble architectural somptueux
et aux dimensions colossales. La fréquentation devait
être, dans le temps, proportionnelle à cette ferveur
que l’on peut encore imaginée.
Les heures “portes ouvertes” existent-elles encore
sans pour autant être guidées?
Salutations respectueuses. J.-P. Charland
Je ne sais pas pour des tours guidés. Je suis arrivé à cette église en voyant les portes ouvertes. Pour tout dire, il devait y avoir un mariage et il semble que ce dernier n’ait pas eu lieu. Ou les mariés sont arrivés très très en retard. Quoiqu’il en soit, c’est cet heureux hasard qui a permit à monsieur Janelle de me faire faire le tour de l’endroit.