Archive de la catégorie «Divers»

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Vestiges de tramways – 1

août 3, 2007

En septembre 2005 je suis allé dîner dans le Vieux-Montréal et c’est tout à fait par hasard que je suis tombé sur un tronçon de la rue McGill complètement en chantier. Les travaux consistaient à remplacer des tuyaux d’aqueduc je crois. Mais pour y parvenir, les ouvriers ont dû concasser tout le côté est de McGill et ce, entre Notre-Dame et la place D’Youville. Ces travaux auraient été tout ce qu’il y a de plus banal si ca n’aurait été de ce que les ouvriers ont trouvé en cassant la rue.

On peut affirmer, sans l’ombre d’un doute, que ces travaux de voirie se sont avérés plus complexes qu’initialement prévus puisque personne n’avait songé (même pendant un instant) qu’on trouverait des rails de tramway!! Imaginez la surprise des travailleurs lorsque la pelle mécanique a cogné sur ces rails… Ces travailleurs ont été les premiers surpris de cette trouvaille qui allait néanmoins ralentir les travaux. Les plus jeunes ignoraient même que des tramways avaient roulé à Montréal. Pour ces ouvriers, enlever les rails ainsi que les montants de bois n’a sûrement pas été une cinécure!

Regardons plus en détails ce qu’ils ont trouvé:

1) La couche d’asphalte actuelle (il est possible qu’il y en ait une deuxième)

2) Les rails. Celles-ci se trouvaient sous la portion ouest de McGill.

3) Les montants de bois. Ceux-ci étaient bien placés au sol et les rails solidement fixées sur ceux-ci.

4) Le pavé-uni. Très utile autour des rails et j’explique avec l’aide de la photo ici en dessous:

J’ai trouvé cette portion de voie sur la rue d’Youville tout juste au sud de l’ancien édifice des douanes et qui fera très bien l’affaire pour les besoin de cette petite explication (comme quoi certaines de ces voies ont encore une utilité). Donc, si l’on regarde à droite des voies, on remarque le pavé-uni. Reculons maintenant au temps où des tramways circulaient sur cette voie et imaginons que ce petit bout de tronçon a besoin de certaines réparations. Les cantoniers arrivent, ôtent tout le pavé-uni nécéssaire aux travaux, effectuent lesdits travaux et ensuite replacent le pavé-uni. Ni vu ni connu et aucun besoin de casser de l’asphalte. Ingénieux, non?

Evidemment, une question revient souvent; pourquoi avoir pavé par-dessus les rails plutôt que de les enlever? Il faut se remettre dans le contexte de l’époque. A la fin des années cinquante on voit la prochaine décennie comme étant celle qui propulsera Montréal dans l’avenir de façon significative. Pour l’administration municipale, cette “modernité” est surtout symbolisée par l’automobile, la nouvelle reine de la ville. Et pour cette royauté on ne déroulera pas un tapis rouge, mais bien un tapis d’asphalte. Plusieurs même. Et ceci, sans compter l’autobus, celui qui attendait depuis longtemps de prendre la place des vétustes tramways.

Bien que certaines portions de voies ont été enlevées sur St-Denis et Notre-Dame, on s’est vite rendu compte que c’était un exercice long et coûteux. La reine automobile n’a pas pris de temps a faire de gros soupirs et à taper du pied, enfin, de la roue. Son mécontentement résolument palpable, on s’empressa alors de règler le problème en asphaltant par dessus tout ce qu’il pouvait y avoir de voies restantes.

Voilà pourquoi certains bouts de rue particulièrement achalandés laissent apparaître de temps en temps ces vestiges de notre passé. De notre histoire, que l’on a malhabilement recouverts comme s’il s’agissait d’une honte. Et pourtant, les projets actuels de tramways évoqués par le maire Tremblay, reprennent presque mot pour mot les arguments qui avaient d’abord amenés le tramway électrique à faire son apparition en 1892.

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Paléontologie urbaine

juillet 28, 2007

Vous allez certainement me dire que je me suis trompé en écrivant le titre de cet article! L’archéologie passe encore, mais la paléontologie n’est-elle pas l’étude des espèce animales préhistoriques? Si. Et je peux vous affirmer que mon titre ne comporte aucune faute. Je peux presque voir les points d’interrogration apparaître au-dessus de vos têtes et pourtant, dans cet article, je vais joindre paléontologie et architecture du début du siècle.

Un musée d’histoire naturelle? Neni.

Si le béton armé avait commençé à faire son apparition au milieu des années 10, la pierre demeura la matière de choix pour la construction, qu’il vienne d’ailleurs (grès rouge d’Ecosse, marbre du Vermont) ou qu’il soit issu d’une carrière locale (granit, grès, pierre grise). Maintenant, si vous avez déjà eu le bonheur (ou le malheur, c’est selon) de creuser le sol à Montréal ou en banlieue, vous avez très certainement remarqué qu’une des premières matières rencontrées est… la glaise.

C’est qu’il y a environ 10 000 ans, l’est du pays était recouvert par la Mer de Champlain. Une ancienne mer aujourd’hui disparue qui couvrait, peu après la dernière glaciation, un espace allant de la région de la Ville de Québec à l’Isle-aux-Allumettes, au Québec (Canada) et jusqu’à Kingston, Ontario. Aujourd’hui, cet espace est occupé par la vallée du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. Par définition, Montréal se trouvait donc au fond de cette mer. Et qui dit fond de la mer dit faune marine. Avec un peu de chance, cette faune risque de gagner à la loto-fossile. La chance inouïe de se voir incrusté dans la pierre et préservé pour des milliers voire des millions d’années.

Fond de mer, faune marine, fossilisation, excavation de pierre dans les carrières… Vous me suivez?

C’est donc tout à fait pas hasard que j’ai découvert un immeuble dont les pierres regorgent de ces vieux fossiles marins. Le bâtiment en question est le complexe d’appartements Le Château, construit en 1924-26. Je prenais des photos de ce superbe édifice lorsque, en longeant la rue de La Montagne, mon regard fut attiré par d’étranges variations géologiques dans la pierre. En y regardant de plus près je me suis vite rendu compte qu’il s’agissait en fait de fossiles marins que je ne peux dater, doctorat en paléontologie manquant à mon CV. Il faut avouer tout de même qu’il s’agit de quelque chose d’absolument fascinant.

Pour les admirer, rendez vous au 1321 Sherbrooke ouest et longez la rue de La Montagne, vous les appercevrez très facilement.

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C’est parti

juillet 24, 2007

Je suis né à Montréal, j’y ai grandi, j’y ai étudié et aujourd’hui je l’habite et y travaille. De sa fondation jusqu’a aujourd’hui, Montréal n’a cessé d’être une ville toujours en mutation; on l’agrandit, on démolit ici et reconstruit là. Ce faisant, l’on refaçonne la mosaïque urbaine sur une base régulière. Malgré les nombreux incendies et démolitions (parfois disgracieuses) de nombreuses pièces architecturales ont survécu jusqu’a aujourd’hui. Ces vestiges d’époques révolues nous permettent de recoller des morceaux de notre histoire collective; qu’il s’agisse de bouts de quartiers ou des gens qui y ont habité.

Passionné d’histoire et d’architecture, je sillonne souvent cette grande ville, toujours à l’affût d’une quelquonque découverte. J’aurai le plaisir, au cours de mes différents articles, de vous faire partager mes trouvailles; des coins connus et d’autres moins connus ainsi que des fragments d’histoire s’y rattachant avec toutes les indications pour que vous puissiez les voir de vous même. Mais tous ces articles seraient très certainement incomplets sans une participation: votre participation. Il se peut fort bien qu’au cours des différents articles que vous puissiez avoir des informations supplémentaires où même des photos. Si c’est le cas alors ne vous gênez surtout pas et ensembles nous parviendront peut-être à assembler de grandes pièces du grand casse-tête qu’est l’histoire de Montréal.

En terminant, j’écrirai souvent mes articles en fonction de mes escapades photographiques ici et là, il n’y aura donc aucun ordre chronologique, géographique ou autre.