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Ca pompe à Montréal

juillet 26, 2007

Au cours du 19è siècle Montréal connut son lot d’inondations qui survenaient généralement au printemps avec la fonte des embacles sur le fleuve. A cette époque, il faut croire que monsieur le fleuve avait ses sautes d’humeur et que les pauvres résidents des secteurs avoisinant ses rivages devaient en faire les frais. Un quartier plus que tout autre se trouvait particulièrement touché à chacune de ces inondations: Griffintown.

La communauté irlandaise qui peuplait largement ce quartier vivait dans un état permanent de grande pauvreté. Peu de maisons de Griffintown étaient équipées de toilettes intérieures, si bien que chaque inondation transformait littéralement le quartier en un gigantesque égoût à ciel ouvert. Il fallut attendre 1887 pour que la Ville se décide à prendre les grands moyens afin d’erradiquer ce très sérieux problème. En effet, le refoulement apportait avec lui tout ce qu’il fallait pour gravement contaminer les gens avec des maladies infectueuses. Rien de bien plaisant, avouons-le.

Alors que se passe t-il en 1887?

Pour mieux le comprendre, reculons d’une année. Le 18 avril 1886, plus exactement. En cette journée, l’eau du fleuve alla inonder jusqu’au square Victoria. Imaginez Griffintown…!

La photo ci-haut nous montre dans quel état se trouvait les environs du square Chaboillez le 18 avril 1886. Le bâtiment que l’on apperçoit au milieu est la gare Bonaventure, emplacement occupé aujourd’hui par le Planétarium Dow. On peut facilement se rendre compte que les inondations de l’époque, c’était du sérieux! Toujours est-il que la Ville prend les grands moyens et décide non seulement de mettre en place des digues mais entreprend également de construire deux stations de pompage qui auront la tâche de refouler les caprices du fleuve.

Aujourd’hui il existe trois témoins de cette fameuse inondation; le premier se situe sur l’édifice Allan, rue de la Commune Ouest au point de rencontre des rues Saint-Pierre et d’Youville. A droite de la porte principale, vous appercevrez ceci gravé dans la pierre:

Le deuxième témoin est la station de pompage Craig. Il est extraordinairement facile à localiser puisque c’est le vétuste bâtiment situé presque sous le pont Jacques-Cartier entre les voies Est et Ouest de la rue Notre-Dame. Vous l’aurez certainement apperçu à plusieurs reprises en passant par là en vous demandant peut-être pourquoi on ne le démolissait pas. Eh bien, souhaitons que non. Si vous roulez en direction Est, remarquez l’année “1887″ gravée en grosse lettre au côté inférieur gauche.

Le troisième témoin est l’autre station de pompage, la station Riverside. Un peu plus petite, elle se trouve à l’Est de l’autoroute Bonaventure. Comme sa soeur, la station Craig, elle a eu le bonheur de ne pas avoir été démolie.

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Belding Corticelli

juillet 25, 2007

Le creusage du canal Lachine au début du 19è siècle permit deux choses importantes: permettre aux bateaux de continuer à naviguer vers l’ouest et l’industrialisation du canal qui s’amorça vers 1850. Plusieurs compagnies vinrent s’établir le long du canal et tout ce secteur deviendra non seulement le berceau de l’industrialisation mais aussi le plus important quartier manufacturier en province.

Parmi les nombreuses compagnies à profiter de la proximité du canal il y eut la Belding Paul & Co. Bien que la compagnie existait depuis 1876, c’est en 1884 qu’elle fit construire le bâtiment se trouvant entre la rue du Canal, le canal Lachine et bordé à l’ouest par la rue des Seigneurs. Haut de cinq étages, en brique rouge et orné ne nombreuses fenêtres, l’édifice suivait assez bien le courant architectural industriel de l’époque.

En 1911, Belding Paul fusionna avec Corticelli et devint alors la Belding Corticelli. Son principal produit était la soie qui était bien entendu utilisée dans la couture générale et la confection de vêtements; industrie qui fonctionnait alors à plein régime à Montréal et en périphérie. Les employés de la Belding Corticelli ne manquèrent certainement pas de travail. A défaut d’être un employeur de taille avec une usine immense, la Belding Corticelli eut néanmoins le mérite d’être le gagne-pain de bien des familles.

Qu’en est-il aujourd’hui? Avec l’ouverture de la voie maritime du St-Laurent en 1959, le canal Lachine devint rapidement obsolète et fut éventuellement fermé. Les industries durent s’adapter et bon nombres d’entre elles durent tout simplement fermer où se voir acheter par d’autres compagnies qui relocalisèrent les effectifs. La Belding Corticelli eut le bonheur de ne pas passer sous le pic des démolisseurs et fut récemment convertie en habitations. Une excellente récupération du patrimoine industriel qui devrait être imitée plus souvent. Pour admirer ce splendide bâtiment, prenez Notre-Dame en direction ouest et tournez à gauche sur des Seigneurs, après une légère courbe vous aboutirez sur le petit pont Des Seigneurs et appercevrez l’édifice de l’autre côté du canal à gauche.

En prime, si vous allez dans le quartier chinois à Montréal, promenez-vous sur de la Gauchetière entre Saint-Laurent et Saint-Urbain et portez attention aux murs. Avec un peu de chance vous appercevrez ceci:

Splendide murale publicitaire peinte directement sur la brique et qui nous invite presqu’encore aujourd’hui à apprécier la qualité de la soie Corticelli.

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Les tramways sur le Mont-Royal

juillet 24, 2007

(Crédit photo: Archives de la STM)

En 1884, il y avait tout près du monument dédié à Georges-Etienne Cartier, un funiculaire qui emmenait les gens jusqu’au point d’observation situé plus haut dans la montagne (point d’observation qui existe encore aujourd’hui). En 1919, une inspection des différentes composantes fit en sorte que le funiculaire fut non seulement fermé mais aussi démantelé. Pour les gens de Westmount celà ne posa que peu ou pas d’ennui puisqu’ils atteignaient la montagne de par le chemin Remembrance. Pour ceux qui habitaient de l’autre côté de la montagne ce n’était pas la même histoire du tout.

Il faudra plusieurs années pour qu’un chantier soit mis en oeuvre afin de doter les gens de l’est de la ville d’un moyen de transport jusqu’en haut de la montagne. La Montreal Tramways avait bien tenté d’offrir un service de navette relativement long via le chemin de la Côte-des-Neiges mais les gens n’en voulaient absolument pas. La Montreal Tramways fut donc obligée de retrousser ses manches et de refaire ses devoirs. Les ingénieurs tracèrent donc un chemin qui prolonga le chemin Remembrance et on a dù percer dans le roc un tunnel de plus de 300 pieds de long. Au bout de ce tunnel le chemin amorcait une descente sinueuse (parfois très serrée) pour aboutir jusqu’a l’avenue du Mont-Royal.

Toujours est-il que plusieurs personnes se demandent ce qu’il est advenu de ce fameux tunnel. C’est en 1957 que s’arrêta la ligne “Moutain-Montagne 11″ après plusieurs années de service sans accident. Pourquoi? Parce que Montréal était alors en proie à “l’asphaltite aigüe”. L’automobile et l’autobus étaient alors les véhicules du futur; cette ligne de tramway fut donc par conséquent fermée et démantelée. Le tunnel quant à lui fut dynamité et réduit en poussière. Plus aucune trace de ce dernier n’a subsisté jusqu’a aujourd’hui. Ce n’est que trois ans plus tard, en 1960, que la ligne reprendra du service. Une ligne d’autobus, bien entendu. Aujourd’hui, la voie Camillien-Houde suit assez rigoureusement le même chemin que les tramways de l’époque. En passant par là, notez la pente de près de 8% et les deux courbes en épingle que ces braves tramways (et leurs opérateurs aussi) se devaient de négocier à chaque trajet.

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C’est parti

juillet 24, 2007

Je suis né à Montréal, j’y ai grandi, j’y ai étudié et aujourd’hui je l’habite et y travaille. De sa fondation jusqu’a aujourd’hui, Montréal n’a cessé d’être une ville toujours en mutation; on l’agrandit, on démolit ici et reconstruit là. Ce faisant, l’on refaçonne la mosaïque urbaine sur une base régulière. Malgré les nombreux incendies et démolitions (parfois disgracieuses) de nombreuses pièces architecturales ont survécu jusqu’a aujourd’hui. Ces vestiges d’époques révolues nous permettent de recoller des morceaux de notre histoire collective; qu’il s’agisse de bouts de quartiers ou des gens qui y ont habité.

Passionné d’histoire et d’architecture, je sillonne souvent cette grande ville, toujours à l’affût d’une quelquonque découverte. J’aurai le plaisir, au cours de mes différents articles, de vous faire partager mes trouvailles; des coins connus et d’autres moins connus ainsi que des fragments d’histoire s’y rattachant avec toutes les indications pour que vous puissiez les voir de vous même. Mais tous ces articles seraient très certainement incomplets sans une participation: votre participation. Il se peut fort bien qu’au cours des différents articles que vous puissiez avoir des informations supplémentaires où même des photos. Si c’est le cas alors ne vous gênez surtout pas et ensembles nous parviendront peut-être à assembler de grandes pièces du grand casse-tête qu’est l’histoire de Montréal.

En terminant, j’écrirai souvent mes articles en fonction de mes escapades photographiques ici et là, il n’y aura donc aucun ordre chronologique, géographique ou autre.